Les récifs coralliens hébergent une biodiversité exceptionnelle et offrent de nombreux services écosystémiques (pêche, tourisme, etc.). Ces écosystèmes sont fortement menacés par les pressions humaines et les changements environnementaux qui constituent une préoccupation majeure pour leur conservation. Si les récifs peu profonds (0-30 m) sont bien étudiés depuis de nombreuses décennies, leurs homologues plus profonds, les écosystèmes coralliens mésophotiques (ECM), situés entre 30 et 150 m de profondeur, sont bien moins connus. Pourtant ces ECM représenteraient des « zones de refuge » pour la biodiversité des récifs, permettant d’alimenter en larves les zones moins profondes et ainsi favoriser leur recolonisation après perturbations.
Dans ce contexte, le projet MEDDI « connaissance et gestion des écosystèmes coralliens mésophotiques du sud-ouest de l’océan Indien » se propose de développer trois actions liées (i) à l’inventaire et à la caractérisation des communautés benthiques et ichtyologiques des ECM de La Réunion et de Madagascar (Toliara, Nosy-Be), (ii) à la dynamique et aux processus démographiques des communautés coralliennes, et (iii) aux mesures de gestion et de conservation de ces ECM. En testant l’hypothèse de zone refuge, ce projet permettra de mieux appréhender l’évolution des écosystèmes côtiers dans un contexte de changement climatique. Enfin, ce projet apportera des données originales et rigoureuses pour la mise en œuvre opérationnelle de plans de gestion et de conservation des récifs coralliens dans le Sud-Ouest de l’océan Indien. Ce projet aura une portée à l’échelle régionale et internationale, et placera La Réunion et Madagascar en pointe de ces questions dans le Sud-Ouest de l’océan Indien, avec la mise en place d’un réseau d’acteurs concernés par la conservation des récifs mésophotiques. Le projet MEDDI a été co-construit avec l’Institut Halieutique et des Sciences Marines (IHSM) et le Centre National de la Recherche Océanographique (CNRO), nos partenaires malgaches avec qui nous collaborons depuis de nombreuses années, notamment dans le cadre du Laboratoire Mixte International (LMI) de l’IRD « Observatoire International de la Biodiversité Marine Côtière et de ses Usages à Madagascar » (Mikaroka).