Projet PARI
Objectifs
Deux complexes d’espèces de raies pastenagues présentent un intérêt particulier. Le premier est le complexe d’espèces de la pastenague réticulée Himantura uarnak, classée Vulnérable par l’UICN, et sensible à la transformation des habitats de mangroves pour l’aquaculture. Le second est le complexe d’espèces de la pastenague masquée à points bleus Neotrygon kuhlii, le plus abondant dans les captures de raies à travers l’archipel indonésien.
La pastenague masquée à points bleus vit dans les eaux côtières peu profondes associées aux récifs coralliens ; elle présente une structure phylogéographique particulièrement marquée, avec des lignées ayant des aires de répartition géographique restreintes. Sa préférence pour les récifs coralliens et les lagons, actuellement soumis à une forte pression de pêche dans l’archipel indo-malais-papou, la rend également vulnérable à la dégradation étendue de ses habitats.
L’objectif principal du projet est de décrypter les schémas et les causes de la structuration phylogéographique de ces deux complexes d’espèces de raies encore peu étudiés et présentant un intérêt pour la conservation.
Principaux résultats obtenus
Ces deux complexes d’espèces de raies étaient auparavant considérés comme chacun constituant une seule espèce largement distribuée dans l’Indo-Ouest Pacifique, de la mer Rouge à la mer de Corail.
Nos résultats ont montré qu’ils sont en réalité composés de plusieurs lignées génétiques distinctes, présentant des distributions soit parapatriques soit allopatriques, et pouvant être considérées comme des espèces distinctes.
Les analyses phylogénétiques suggèrent une origine au Miocène pour le complexe d’espèces de la pastenague masquée à points bleus, et une origine probablement oligocène pour le complexe d’espèces de la pastenague réticulée.
Perspectives / Suites à donner
Les marqueurs moléculaires utilisés dans l’étude phylogéographique de ces deux complexes d’espèces se sont révélés utiles pour l’identification des espèces. La taxonomie constitue ainsi un résultat majeur de cette étude.
La cartographie précise de la distribution de ces espèces, basée sur des données validées génétiquement, sera essentielle pour les gestionnaires de la conservation.