L’ouest de l’Océan Indien est un hotspot de biodiversité aviaire abritant une trentaine d’espèces d’oiseaux marins formant plus de 7 millions de couples. Néanmoins, ces populations sont généralement en déclin du fait notamment de l’introduction de prédateurs exotiques tels que les rats (Rattus spp) les chats (Felis catus). De plus, dans les îles habitées, la pollution lumineuse peut entrainer une mortalité additive des adultes et des juvéniles. La situation des populations dans la zone de l’ouest de l’Océan Indien est très contrastée. Certaines îles sont exemptes de toutes perturbations (exceptées les perturbations globales), quelques-unes sont restaurées (ou soumises à des mesures de conservation) et d’autres encore très impactées par des perturbations anthropiques locales. Ainsi, dans un premier temps, cette thèse a objectif d’estimer les paramètres démographiques de 9 populations d’oiseaux marins se reproduisant sur 5 îles aux situations différentes. L’île de Tromelin (îles Eparses) et Nosy Ve (Madagascar) ont été dératisées avec succès en 2005 et 2000 ; nous y étudieront respectivement deux espèces de fous (Sula sula et Sula dactylatra) et les pailles en queue à brins rouges (Phaethon rubricauda). L’îlot Pouhou (Mayotte) a, quant à lui, été dératisé en 2012 mais ré-envahi par le rat noir (Rattus rattus) en 2016. Dans ce contexte de ré-invasion biologique nous étudieront les pailles en queue à brins blancs (Phaethon lepturus). Deux espèces de pétrels endémiques (Pterodroma baraui et Pseudobulweria aterrima) et les puffins du Pacifique (Ardenna pacifica) seront étudiés à La Réunion où des actions de conservations sont mises en place pour lutter contre les effets de la pollution lumineuse et de la prédation par les chats et les rats. Pour finir, l’île d’Europa est envahie par les rats noirs. Nous y étudierons leur impact sur les pailles en queue à brins blancs (sous espèce endémique d’Europa ; Phaethon lepturus europae), les pailles en queue à brins rouges et les puffins tropicaux (Puffinus bailloni). Dans un second temps, ces paramètres démographiques, couplés aux variations naturelles et anthropiques de l’environnement permettront d’établir des modèles matriciels adaptés à chaque cas d’étude. Ces modèles permettront d’estimer la sensibilité démographique de chaque population. Suite à cela, différents scénarii démographiques incluant différentes options de gestions seront modélisés. Ces modèles permettront d’estimer la croissance des populations avec ou sans actions de conservation. Ils permettront ainsi de démontrer l’effet des actions de conservations réalisées, d’en réorienter ou orienter de nouvelles si besoin. Par ailleurs, la comparaison des paramètres démographiques des différentes populations permettra d’apporter un éclairage nouveau sur la dynamique des populations des oiseaux marins dans la zone tropicale, moins étudiée qu’en zones tempérées, subpolaires ou polaires.

 

Zones d'étude

La Réunion, île Tromelin (îles Eparses), île d’Europa (îles Eparses), Nosy Ve (Madagascar), îlot Pouhou (Mayotte)